Hausse de la mutuelle entreprise en 2026 : ce que les DRH doivent savoir

Vous souhaitez échanger avec l'équipe Accent Conseil ?
Réglementation 2026 · Complémentaire santé

Hausse de la mutuelle entreprise en 2026 : ce que les DRH doivent savoir

Transfert de 400 millions d'euros de l'Assurance maladie vers les complémentaires, surtaxe exceptionnelle d'1 milliard d'euros, hausse moyenne de +4,7 % sur les contrats collectifs : la LFSS 2026 redistribue la facture santé. Décryptage des mécanismes en jeu et des leviers concrets pour les directions RH.

7 min de lecture Mis à jour : avril 2026 Par Accent Conseil

Le paradoxe 2026 : un gel des tarifs censé interdire les hausses

L'article 13 de la loi du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026 dispose que le montant des cotisations des organismes complémentaires d'assurance maladie ne peut être augmenté en 2026 par rapport à 2025. Sur le papier, le gel concerne aussi bien les contrats individuels que les contrats collectifs d'entreprise. Dans les faits, la situation est plus complexe.

Selon la Mutualité Française, qui a publié ses estimations en décembre 2025, les tarifs progressent en moyenne de +4,3 % sur les contrats individuels et de +4,7 % sur les contrats collectifs en 2026. Une hausse que les organismes justifient par la nécessité d'absorber les transferts de charges décidés par voie réglementaire, c'est-à-dire en dehors du champ couvert par l'article 13. Les représentants des complémentaires santé (FNMF, France Assureurs, FNIM) ont dénoncé une « décision prise tardivement et sans concertation ».

Côté employeurs, l'effet est mécanique : votre contrat collectif obligatoire est concerné au même titre que les contrats individuels. La négociation 2026 se joue donc dans un contexte juridiquement instable, où la marge de manœuvre réside surtout dans la conception de la couverture et la mise en concurrence des assureurs.

Hausses moyennes 2026 · Mutualité Française

+4,7%Hausse moyenne contrats collectifs▲ vs 2025
+4,3%Hausse moyenne contrats individuels▲ vs 2025
400 M€Transfert AMO vers complémentaires en 2026
450 M€Transfert en année pleine
Loi vs réalité : hausse des contrats collectifs en 2026 Ce que dit la loi (LFSS 2026, art. 13) Gel des cotisations · 0 % Ce qui se passe (estimation Mutualité Française) +4,7 % en moyenne sur les contrats collectifs

Sources : Loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 (art. 13) ; Mutualité Française, communiqué de décembre 2025.

D'où vient la hausse ? Trois mécanismes cumulatifs

La hausse 2026 ne s'explique pas par un seul phénomène mais par la conjonction de trois décisions distinctes prises dans le cadre du PLFSS 2026, qui se cumulent sur les complémentaires et, in fine, sur les cotisations payées par les entreprises et les salariés.

400 M€

Transfert de charges hospitalières

Le gouvernement transfère 400 M€ de dépenses de l'Assurance maladie obligatoire vers les complémentaires en 2026 (450 M€ en année pleine), via cinq projets de décrets et arrêtés publiés à partir du 28 février 2026.

1 Md€

Surtaxe exceptionnelle

La LFSS 2026 instaure une contribution exceptionnelle d'1 milliard d'euros sur les cotisations des complémentaires santé, validée par les députés après plusieurs allers-retours parlementaires.

ALD

Fin d'une exemption ALD

À compter du 1er octobre 2026, l'exemption de ticket modérateur sur les médicaments à service médical rendu insuffisant ou modéré pour les patients en affection longue durée est supprimée : la prise en charge bascule vers les complémentaires.

À noter : l'article 72 du PLFSS 2026, initialement prévu pour encadrer la dématérialisation des échanges entre l'Assurance maladie et les complémentaires sur la facturation hospitalière, a été censuré par le Conseil constitutionnel en décembre 2025 en tant que « cavalier social ». La mesure pourra revenir dans un texte ultérieur, mais n'a pas force de loi à ce jour.

Les hausses concrètes au 1er mars 2026 : forfaits et restes à charge

Le premier volet du transfert de 400 M€ est entré en vigueur le 1er mars 2026. L'arrêté du 27 février 2026, publié au Journal officiel du 28 février, fixe les nouveaux montants des forfaits hospitaliers que les complémentaires devront prendre en charge à la place de l'Assurance maladie obligatoire.

Forfaits hospitaliers : avant / après

Hausses des forfaits hospitaliers au 1er mars 2026 Forfait Patient Urgences (FPU) Avant 20 € Au 1er mars 2026 23 € Forfait actes lourds (acte ≥ 120 €) Avant 24 € Au 1er mars 2026 32 € FPU minoré : 9,96 € · Complément FPU (CFU) : 13,04 €

Source : Arrêté du 27 février 2026, JO du 28 février 2026 (JORFTEXT000053594224).

Pour la salariée ou le salarié, ces nouveaux forfaits sont intégralement pris en charge par les contrats responsables et solidaires, qui couvrent environ 95 % du marché des contrats collectifs selon la DREES (Panorama de la complémentaire santé). Pour l'employeur, c'est cette prise en charge supplémentaire qui pèse sur la prime collective et alimente la hausse de cotisation observée.

+530 M€

de reste à charge supplémentaire estimés en année pleine selon l'Unocam, soit un montant supérieur aux 400 M€ initialement annoncés au titre des économies pour l'Assurance maladie obligatoire.

Quel impact sur le contrat collectif de votre entreprise ?

L'effet sur la masse salariale dépend de trois variables : le niveau de cotisation existant, la répartition employeur / salarié (au minimum 50 / 50 pour un contrat obligatoire) et l'amplitude de la hausse appliquée par votre assureur. La fourchette de référence reste celle de la Mutualité Française : +4,7 % en moyenne sur les contrats collectifs.

Exemple indicatif : impact d'une hausse de +4,7 %

Exemple indicatif d'impact d'une hausse de +4,7 % sur un contrat collectif Hypothèse : cotisation employeur de 60 €/salarié/mois Cotisation 2025 (par salarié / an) 720 € Cotisation 2026 (après +4,7 %) 753,84 € Surcoût par salarié / an +33,84 € TPE · 10 SALARIÉS 338 €/an surcoût annuel côté employeur PME · 50 SALARIÉS 1 692 €/an surcoût annuel côté employeur

Calcul indicatif à partir d'une hypothèse de cotisation. Les valeurs réelles dépendent de votre contrat, des garanties et de la répartition employeur/salarié. Hausse moyenne : Mutualité Française.

Pour une ETI de 200 salariés avec une cotisation employeur moyenne de 90 €/salarié/mois (soit 1 080 € par an), la hausse de +4,7 % représente environ 51 € supplémentaires par salarié et par an, soit un surcoût annuel de l'ordre de 10 200 € côté employeur. Calcul indicatif sur la base d'hypothèses moyennes ; le montant réel dépend du contrat, des garanties et de la sinistralité.

Au-delà du coût direct, deux effets indirects pèsent sur la décision RH. D'une part, la hausse alimente une tension salariale latente chez les collaborateurs qui voient leur reste à charge progresser. D'autre part, la situation invite à interroger la pertinence des garanties souscrites : un contrat surdimensionné sur certains postes (orthodontie, optique haut de gamme) absorbe la hausse au prix d'une couverture mal calibrée par rapport aux usages réels.

Quatre leviers DRH pour absorber la hausse

L'attentisme est rarement la bonne stratégie en 2026. Voici les cinq leviers que nous activons avec les directions RH et financières pour limiter l'impact sans dégrader la couverture sociale.

Auditer le contrat actuel et le mettre en concurrence

L'audit identifie les garanties redondantes ou sous-utilisées, et la mise en concurrence permet d'obtenir des conditions tarifaires plus compétitives, surtout sur les contrats anciens jamais rouverts.

Recalibrer les garanties sur les usages réels

L'analyse des consommations sur 2 à 3 ans permet d'ajuster les niveaux de remboursement là où ils sont effectivement utilisés, sans dégrader la perception salariée.

Proposer une sur-complémentaire individuelle

Une sur-complémentaire facultative permet aux salariés qui le souhaitent de renforcer leur couverture (orthodontie, optique premium, hospitalisation), sans alourdir la cotisation collective de l'ensemble.

Investir en prévention pour limiter l'absentéisme

La meilleure façon de tenir le budget santé reste de réduire les arrêts : notre analyse de l'absentéisme chiffre les leviers de prévention RH les plus efficaces.

Optimiser le régime social et fiscal après la hausse

Après la revalorisation des cotisations, vérifier que la part patronale reste dans les seuils d'exonération URSSAF (PMSS 2026 : 3 925 €/mois). Au-delà du plafond, l'excédent est réintégré dans l'assiette des charges sociales et fiscalisé pour le salarié. Un classique sous-exploité par les DRH internes, qui transforme la hausse en levier de pilotage net.

Audit gratuit

Votre contrat collectif est-il toujours compétitif en 2026 ?

Nos experts Accent Conseil auditent votre contrat de complémentaire santé, comparent les offres du marché et vous livrent un plan d'action chiffré en 30 minutes.

Demander mon audit

Questions fréquentes

Mutuelle entreprise 2026 : ce que les DRH demandent

Pourquoi la mutuelle entreprise augmente en 2026 ?

En 2026, la mutuelle d'entreprise augmente sous l'effet de trois mécanismes cumulés issus de la LFSS 2026 : un transfert de 400 M€ de charges hospitalières de l'Assurance maladie vers les complémentaires (forfait urgences porté à 23 €, forfaits actes lourds à 32 €), une surtaxe exceptionnelle d'1 milliard d'euros sur les cotisations, et la suppression de l'exemption de ticket modérateur sur certains médicaments en ALD. Selon la Mutualité Française, les contrats collectifs progressent en moyenne de +4,7 % en 2026.

Le gel des tarifs prévu par la LFSS 2026 s'applique-t-il aux contrats collectifs ?

L'article 13 de la loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025 dispose que les cotisations des complémentaires ne peuvent être augmentées en 2026 par rapport à 2025, pour les contrats individuels comme pour les contrats collectifs. Dans la pratique, les organismes complémentaires appliquent néanmoins des hausses qu'ils justifient par les transferts de charges décidés par voie réglementaire, en dehors du champ couvert par cet article. La Mutualité Française estime la hausse moyenne 2026 à +4,7 % pour les contrats collectifs.

Combien le transfert de 400 M€ va-t-il coûter à mon entreprise par salarié ?

L'impact dépend du contrat, mais à titre indicatif, sur une cotisation collective employeur de 60 € par salarié et par mois (soit 720 € par an), une hausse de 4,7 % représente environ 34 € supplémentaires par salarié et par an. Pour une PME de 50 salariés, cela équivaut à 1 700 € environ par an. La hausse réelle peut varier selon votre assureur, vos garanties et la sinistralité de votre branche.

Mon contrat collectif obligatoire est-il concerné par la hausse en 2026 ?

Oui, la quasi-totalité des contrats collectifs obligatoires est concernée. Les contrats responsables et solidaires (qui représentent environ 95 % du marché collectif) prennent intégralement en charge les nouveaux forfaits hospitaliers créés par l'arrêté du 27 février 2026. La hausse s'applique à la fois sur la part employeur et sur la part salariée, dans la limite de la répartition prévue au contrat (au minimum 50 / 50 pour un contrat obligatoire).

Que peut faire un DRH pour limiter l'impact sur la masse salariale ?

Quatre leviers concrets : auditer le contrat existant et le mettre en concurrence pour identifier les marges de négociation, recalibrer les garanties en fonction des usages réels (éviter le surdimensionnement sur les postes peu consommés), proposer une sur-complémentaire individuelle facultative pour les besoins spécifiques, et investir en prévention pour réduire la sinistralité et l'absentéisme. Un courtier spécialisé comme Accent Conseil aide à structurer cette démarche et à quantifier les gains attendus.

Faut-il renégocier le contrat collectif maintenant ou attendre 2027 ?

Plus tôt la négociation est lancée, plus la marge de manœuvre est grande. Renégocier en 2026 permet d'absorber au moins partiellement la hausse en cours et d'éviter de la cumuler en 2027, alors que de nouvelles mesures pourraient encore intervenir. Les entreprises dont le contrat n'a pas été révisé depuis 3 ans ou plus ont généralement le plus à gagner d'une mise en concurrence rapide.

Quel est le bon moment pour mettre en concurrence sa complémentaire santé d'entreprise ?

L'échéance annuelle du contrat (souvent au 1er janvier ou au 1er juillet selon la branche) constitue la fenêtre légale standard pour résilier et changer d'assureur. La préparation de l'appel d'offres prend en général 3 à 4 mois : audit, recueil de devis, analyse comparative, présentation aux instances représentatives, signature. Compte tenu du contexte 2026, lancer la démarche au plus tard au 2e trimestre permet de viser une bascule au 1er janvier 2027 dans des conditions optimales.

rendez-vous
 
Réservez une réunion d'information pour votre équipe
 

Parce que notre métier chez Accent Conseil, c’est d’accompagner à la fois les décideurs dans la sélection des assurances les plus pertinentes, et les équipes qui sont les premières concernées par les options retenues.

 
Demandez à recevoir notre lettre d'information papier !
Abonnez-vous à notre newsletter