Absentéisme en entreprise en 2026 : chiffres clés et leviers pour agir
L'absentéisme poursuit sa hausse : selon l'Observatoire des arrêts de travail Apicil-JLO, le taux d'absentéisme atteint 4,68 % en 2025, et l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis compte 32 % de salariés du privé arrêtés au moins une fois en 2025. Décryptage des dernières données du marché et leviers concrets que nous activons avec les directions RH pour reprendre la main sur ce poste de coût en 2026.
Un absentéisme qui continue de progresser en 2025
L'absentéisme en entreprise poursuit sa hausse. Selon la 5e édition de l'Observatoire des arrêts de travail Apicil-JLO, publiée en septembre 2026, le taux d'absentéisme atteint 4,68 % en 2025, contre 4,41 % en 2024, et dépasse son précédent pic de 2022 (4,61 %). Selon le même Observatoire, la hausse vient principalement des arrêts de plus de 90 jours, qui pèsent désormais plus de la moitié de ce taux. Sur la même année, l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis relève que 32 % des salariés du privé ont connu au moins un arrêt de travail en 2025.
Cette trajectoire n'est pas isolée. Selon les données publiques de la DREES (étude décembre 2024), le nombre d'arrêts maladie a accéléré sa progression depuis 2019, indépendamment de l'effet pandémique.
Deux indicateurs cohabitent et ne mesurent pas la même chose : la part de salariés arrêtés au moins une fois désigne la prévalence, le taux d'absentéisme mesure l'intensité (la part du temps de travail perdue du fait des arrêts). Chaque source a de plus sa propre base : l'Observatoire Apicil-JLO s'appuie sur les déclarations sociales nominatives (DSN) de plus de 55 000 entreprises clientes du groupe, soit plus d'un million de salariés du privé ; l'étude Malakoff Humanis croise trois sources. Chaque série ne se compare qu'à elle-même d'une année sur l'autre.
Le baromètre de Malakoff Humanis a d'ailleurs changé d'instrument. Jusqu'au millésime 2025, son chiffre de référence, 42 % des salariés arrêtés au moins une fois en 2024, venait d'une enquête déclarative Ifop menée auprès de 3 000 salariés. Le millésime 2026 repose sur trois sources, dont une base de 3,8 millions de salariés du secteur privé suivis en DSN, et donne 32 % pour 2025, sur une définition de l'arrêt plus large. Les deux nombres ne se soustraient pas. L'indicateur qui, lui, se suit d'une année sur l'autre est le taux d'absentéisme : il s'établit à 4,3 % en 2025 selon Malakoff Humanis, en hausse de 25,5 % par rapport à 2019.
La durée moyenne d'un arrêt, elle, recule : 19,45 jours en 2025, contre 19,85 jours en 2024, selon l'Observatoire Apicil-JLO. Deux mouvements se superposent. D'un côté, selon le même Observatoire, les arrêts de moins de 3 jours représentent 23,55 % des arrêts en 2025, près d'un sur quatre, et le nombre moyen d'arrêts par salarié absent passe de 1,83 en 2024 à 1,90 en 2025. De l'autre, les arrêts longs concentrent l'essentiel du temps perdu : l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis établit que les arrêts de plus de 60 jours représentent 9,4 % des arrêts mais 63,8 % des journées d'absence en 2025, et qu'ils progressent de 4,9 % en un an. Sur le traitement en paie, voir les cotisations dues quand le bulletin est à zéro.
Pour un DRH, ce niveau durablement élevé signale un basculement : l'absentéisme n'est plus un événement conjoncturel à absorber, c'est un poste de coût récurrent à piloter, au même titre que la cotisation prévoyance ou la masse salariale variable. Le maintien de salaire et les charges qui l'accompagnent n'en sont que la part directement lisible en paie : les remplacements, le recours à l'intérim et la désorganisation des équipes s'y ajoutent, dans des proportions qui varient d'une entreprise à l'autre. L'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail publie une méthode de diagnostic, Perfécosanté, qui reconstitue le maintien de salaire, les remplacements et l'intérim à partir des données de paie et les convertit en équivalents temps plein ; les coûts de désorganisation n'y entrent pas.
Chiffres clés · 2025
Sources : Apicil-JLO, Observatoire des arrêts de travail, 5e édition (septembre 2026, données 2025) ; Malakoff Humanis, étude Absentéisme 2026 (juin 2026, données 2025).
Qui est concerné ? Profils et secteurs les plus exposés
Ouvriers, seniors, femmes : les profils les plus exposés
Les écarts sont importants selon le profil. Selon l'Observatoire Apicil-JLO, le taux d'absentéisme 2025 atteint 6,52 % chez les ouvriers, contre 2,52 % chez les cadres, 5,92 % chez les salariés de 60 ans et plus, contre 3,54 % chez les moins de 30 ans, et 5,60 % chez les femmes, contre 3,76 % chez les hommes. Le même Observatoire mesure en 2025 un taux près de 2,5 fois plus élevé en CDI (4,97 %) qu'en CDD (1,99 %), un écart qu'il relie en partie à la précarité des contrats courts. L'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis éclaire deux populations sous un autre angle : le taux d'absentéisme des cadres a progressé de 35,2 % par rapport à 2019, et 53 % des managers déclarent s'être vu prescrire au moins un arrêt en 2025.
Taux d'absentéisme par profil · 2025
Source : Apicil-JLO, Observatoire des arrêts de travail, 5e édition (septembre 2026). Indicateur : taux d'absentéisme 2025, méthode calendaire.
c'est le taux d'absentéisme 2025 des ouvriers de 60 ans et plus, 5,69 fois celui des cadres de moins de 30 ans (1,57 %), selon l'Observatoire Apicil-JLO. Pour un contrat collectif, c'est la pyramide des âges et des métiers de chaque entreprise, bien plus que la moyenne nationale, qui dessine la sinistralité à couvrir.
Les moins de 30 ans, eux, sont les salariés les plus fréquemment arrêtés selon l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis : parmi ceux arrêtés en 2025, 21 % l'ont été deux fois et 17,5 % trois fois ou plus, pour une durée moyenne de 12,4 jours. À l'autre bout de la pyramide, la même étude relève que les plus de 55 ans sont arrêtés moins souvent (28,2 % au moins une fois) mais plus longtemps (39,7 jours en moyenne).
Santé, économie sociale, filière alimentaire : les secteurs les plus exposés
Côté secteurs, l'Observatoire Apicil-JLO distingue désormais 13 secteurs d'activité. En 2025, la santé est de loin le secteur le plus touché, avec un taux d'absentéisme de 7,22 % et la durée moyenne d'arrêt la plus longue (28,31 jours), devant l'économie sociale (6,28 %) et la filière alimentaire et agricole (5,95 %). À l'opposé, les banques et assurances affichent le taux le plus bas (2,80 %) et la durée moyenne la plus courte (13,92 jours).
Taux d'absentéisme par secteur · 2025
Source : Apicil-JLO, Observatoire des arrêts de travail, 5e édition (septembre 2026). Indicateur : taux d'absentéisme 2025 par secteur, méthode calendaire.
Ces écarts ne sont pas neutres pour le contrat collectif : toutes les populations n'ont pas le même profil de sinistralité, et un contrat calibré « à la moyenne » peut s'avérer sur-dimensionné pour certains profils et sous-dimensionné pour d'autres. C'est précisément ce que l'audit du contrat existant doit révéler avant toute renégociation.
Pourquoi l'absentéisme reste-t-il élevé ? Trois causes à comprendre
La persistance à un niveau élevé n'est pas un phénomène conjoncturel. Elle traduit un tournant RH plus profond, structuré par trois familles de causes qui s'accentuent ces dernières années.
Organisationnelles
Intensification du travail, sous-effectifs chroniques et contraintes de continuité dans les secteurs à forte intensité humaine. Dans la santé, l'effet est mécanique : moins de remplaçants disponibles signifie plus de charge sur ceux qui restent, et plus d'arrêts en cascade.
Psychologiques
Selon l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, les troubles psychologiques sont le motif de 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours en 2025, contre 30,3 % en 2020. La reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle reste complexe, mais l'incidence sur les contrats collectifs est immédiate : plus d'arrêts longs, plus de demandes d'invalidité, et une prévention collective à prévoir dans les garanties (ligne d'écoute externe et anonyme, accompagnement du retour à l'emploi).
Physiologiques
Pathologies chroniques, TMS et enjeux de santé hormonale ou de parentalité, comme l'endométriose ou la ménopause : des sujets à examiner au regard des garanties du contrat collectif.
Réduire l'absentéisme : 4 leviers éprouvés pour agir
Face à ces chiffres, la posture la plus coûteuse est l'attentisme. Voici quatre leviers que nous activons avec nos clients PME et ETI pour construire une politique de prévention efficace.
Auditer le compte de résultat technique de votre contrat de prévoyance
Au-delà du diagnostic RH, l'analyse du compte technique du contrat (sinistralité par poste, équilibre cotisations / prestations, déformations de l'usage des garanties) révèle les leviers immédiats de renégociation. Un acte que peu d'entreprises font sans courtier spécialisé.
Aligner santé et prévoyance avec les profils exposés
Assistance psychologique, soutien parentalité, bilan santé annuel : des garanties qui réduisent mécaniquement les absences évitables, à condition d'être calibrées sur la démographie réelle de l'entreprise et non sur un standard de marché.
Cibler santé mentale et santé des femmes
Cellules d'écoute, flexibilité horaire, managers formés, accompagnement retour de maternité : des dispositifs adaptés aux populations les plus exposées.
Mesurer le ROI et itérer
Taux d'absentéisme, durée moyenne, coût complet, satisfaction : des KPI revus trimestriellement pour ajuster en continu.
Le calibrage des contrats santé et prévoyance se joue aussi au moment des grandes échéances réglementaires : voir notre analyse de la hausse mutuelle entreprise 2026 et de la réforme ALD au 1er octobre 2026.
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Auditez votre contrat en 30 minQuestions fréquentes
Absentéisme en entreprise : ce que les employeurs demandent
Quel est le taux d'absentéisme moyen en France en 2025 ?
Il dépend de la base utilisée. Selon l'Observatoire des arrêts de travail Apicil-JLO, construit sur la DSN de plus de 55 000 entreprises clientes du groupe, le taux d'absentéisme atteint 4,68 % en 2025, contre 4,41 % en 2024, pour une durée moyenne d'arrêt de 19,45 jours. Selon l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis, il s'établit à 4,3 % en 2025, en hausse de 25,5 % par rapport à 2019, et 32 % des salariés du privé ont connu au moins un arrêt dans l'année. Chaque série se compare à elle-même d'une année sur l'autre, pas à l'autre.
Comment calculer le taux d'absentéisme d'une entreprise ?
La formule la plus courante est : (nombre d'heures d'absence / nombre d'heures théoriques travaillées) × 100. Par exemple, pour 100 salariés à 1 600 h par an, soit 160 000 h théoriques, 8 000 h d'absence donnent un taux de 5 %. Selon les usages RH, on inclut ou exclut les congés maternité, accidents du travail ou absences très courtes. Il est recommandé de suivre aussi la fréquence (nombre d'arrêts / effectif) et la durée moyenne pour mieux piloter les actions de prévention.
Les moins de 30 ans sont-ils plus souvent arrêtés ?
Plus souvent selon Malakoff Humanis, mais pour des arrêts plus courts. Selon son étude Absentéisme 2026, ce sont les salariés les plus souvent arrêtés : 21 % de ceux arrêtés en 2025 l'ont été deux fois et 17,5 % au moins trois fois, avec des arrêts de 12,4 jours en moyenne, contre 39,7 jours chez les plus de 55 ans. Selon l'Observatoire Apicil-JLO, leur taux d'absentéisme reste inférieur à la moyenne en 2025 (3,54 %, contre 4,68 % tous âges confondus), mais il progresse de 0,28 point sur un an. Pour l'employeur, c'est donc la fréquence des arrêts, plus que leur durée, qui pèse sur cette tranche d'âge.
Quels secteurs sont les plus touchés par l'absentéisme ?
Selon l'Observatoire des arrêts de travail Apicil-JLO, qui distingue 13 secteurs, la santé (7,22 %) est de loin la plus touchée en 2025, devant l'économie sociale (6,28 %) et la filière alimentaire et agricole (5,95 %), pour un taux de 4,68 % tous secteurs confondus. Les banques et assurances affichent le taux le plus bas (2,80 %). Au sein d'un même secteur, les métiers exposés diffèrent d'une entreprise à l'autre : c'est la répartition réelle des postes qui fait la sinistralité du contrat collectif.
Combien coûte l'absentéisme à une entreprise ?
Il n'existe pas de ratio de référence publié qui vaudrait pour toutes les entreprises : le coût se reconstitue au cas par cas, et trois blocs sont à additionner. Le maintien de salaire et les charges qui l'accompagnent, une fois déduites les indemnités journalières et la part prise en charge par le contrat de prévoyance. Les coûts de remplacement : intérim, CDD, heures supplémentaires. La désorganisation, enfin : temps de management, délais, qualité. L'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail met à disposition une méthode de diagnostic, Perfécosanté, qui chiffre les deux premiers blocs à partir des données de paie et les convertit en équivalents temps plein ; la désorganisation reste hors de son calcul.
Comment réduire concrètement l'absentéisme en entreprise ?
Quatre leviers activables rapidement : prévenir les risques psychosociaux (manager formé, charge de travail lisible, droit à la déconnexion), renforcer la prévoyance et la santé au travail (couverture collective, téléconsultation, prévention TMS), structurer le retour à l'emploi (entretien de reprise, aménagement temporaire, temps partiel thérapeutique) et mesurer pour piloter (taux, fréquence, durée, secteurs à risque dans l'entreprise). Un courtier spécialisé comme Accent Conseil aide à aligner ces leviers avec le contrat de prévoyance et la politique RH.
Quand renégocier son contrat de prévoyance face à la hausse de l'absentéisme ?
Trois signaux déclenchent une renégociation : une hausse de la fréquence des arrêts sur 12 à 18 mois (signe d'une sinistralité qui dérive), un déséquilibre cotisations / prestations visible dans le compte de résultat technique du contrat, ou l'arrivée d'une échéance anniversaire. Anticiper de 4 à 6 mois la date d'effet permet de cadrer un appel d'offres ou un avenant calibré sur la démographie réelle de votre entreprise, pas sur un standard de marché. Un courtier spécialisé peut chiffrer l'impact attendu avant d'engager la négociation.
L'employeur a-t-il une obligation légale de prévention ?
Oui. L'article L4121-1 du Code du travail impose à l'employeur une obligation de sécurité : prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des salariés. Depuis un arrêt de 2015, la Cour de cassation juge que l'employeur qui justifie avoir pris toutes les mesures prévues par le Code du travail ne manque pas à cette obligation. Concrètement : DUERP à jour, actions de prévention des RPS, information des équipes, formation des managers. En cas de manquement, le défaut de prévention peut engager la responsabilité civile et pénale de l'entreprise, notamment en cas d'accident ou de burn-out reconnu en maladie professionnelle.
Sources
Données principales : Apicil-JLO : Observatoire des arrêts de travail, 5e édition, publiée le 24 septembre 2026 sur la base des données DSN 2022 à 2025 ; Malakoff Humanis : étude Absentéisme 2026, publiée en juin 2026 sur la base des données 2025, et sa méthodologie à trois sources.
Données complémentaires : Malakoff Humanis : Baromètre Absentéisme 2025 (enquête déclarative Ifop, données 2024) ; DREES : Arrêts maladie, accélération depuis 2019 (étude de décembre 2024) ; ANACT : 10 questions-réponses sur l'absentéisme et diagnostic Perfécosanté.
Pour aller plus loin : DARES : Les absences au travail des salariés pour raisons de santé.
Sur le même sujet : nos pages prévoyance collective et complémentaire santé collective.