ALD non exonérante : IJSS limitées à un an, ce que versent la prévoyance et l’employeur
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Prévoyance collective · Décret du 16 septembre 2026

ALD non exonérante : IJSS limitées à un an au 15 octobre 2026, ce que versent encore la prévoyance et l'employeur

Pour un salarié en affection de longue durée (ALD), vous comptiez jusqu'ici sur trois ans d'indemnités journalières de la Sécurité sociale (IJSS) au maximum. Pour une ALD dite non exonérante (sans réduction de la participation aux frais de soins), prévoyez désormais un an au plus dans les arrêts que vise le décret du 16 septembre 2026. Au 15 octobre, vous n'avez rien à signer, mais une clause à relire avant que le premier arrêt concerné atteigne douze mois : celle de votre garantie incapacité de travail.

9 min de lecture Mis à jour : octobre 2026 Par Accent Conseil

Quels arrêts voient leurs IJSS limitées à un an par le décret 2026-866

L'article 1er du décret distingue, parmi les affections relevant de la procédure de l'article L. 324-1, l'ALD exonérante, où la participation de l'assuré aux frais est limitée ou supprimée, et l'ALD non exonérante, où elle ne l'est pas. Service-public résume la seconde comme une affection « qui justifie un arrêt de plus de 6 mois mais sans traitement coûteux » ; la première ne se limite pas aux affections de la liste fixée par décret.

Pour vos salariés, repérez les arrêts longs sans chercher de diagnostic : selon service-public, la catégorie de l'affection est connue du médecin traitant ou du service médical de la caisse, pas de l'employeur.

Situation du salariéAvant le décretArrêts visés par le décret
ALD exonéranteParticipation aux frais limitée ou supprimée 3 ans d'IJSS au maximum 3 ans au maximum, sans changementDélai rouvert après un an de reprise du travail
ALD non exonéranteParticipation aux frais ni limitée ni supprimée 3 ans d'IJSS au maximum 1 an au maximumUn an de reprise du travail rouvre un délai d'un an
ALD non exonérante reconnue au 15 octobre 2026Bénéfice de la procédure de l'article L. 324-1 acquis à cette date 3 ans d'IJSS au maximum 3 ans, ancienne rédactionAppliquée jusqu'au terme de ces trois ans (article 3 du décret)

Rapprochez chaque arrêt des deux cas où s'applique la nouvelle durée : arrêt prescrit à compter du 15 octobre 2026, ou arrêt en cours à cette date pour une incapacité « atteignant six mois à compter de cette date ». Si le salarié avait déjà obtenu, au 15 octobre 2026, la reconnaissance prévue à l'article L. 324-1, conservez l'hypothèse des trois ans : la seconde phrase de l'article 3 du décret lui maintient l'ancienne durée jusqu'à son terme. Dans votre suivi des arrêts longs, vous notez donc pour chacun la date de prescription et la durée d'incapacité déjà écoulée au 15 octobre. Préparez aussi pour chacun l'hypothèse d'une fin des IJSS au douzième mois, sans attendre de savoir s'il est concerné.

Les repères du décret

1 an d'IJSS au plus en ALD non exonérante, contre trois
15 oct. arrêts prescrits à compter de cette date
6 mois d'incapacité : le seuil de l'article 3 pour un arrêt en cours

Source : décret n° 2026-866, articles 1er et 3.

Relire la garantie incapacité de votre prévoyance avant la fin des IJSS

Si votre contrat de prévoyance collective comporte une garantie incapacité de travail, ouvrez sa notice d'information : le décret ne vise pas cette garantie, dont la seule rédaction décide de ce qui est versé après la dernière IJSS. Cherchez-y trois éléments : ce qui déclenche la garantie, comment se calcule la prestation, ce qui la fait cesser. Identifiez laquelle des formulations ci-dessous votre notice emploie : aucune ne vaut pour tous les contrats.

Bureaux vides d'un open space, image de l'absence prolongée d'un salarié en arrêt de longue durée

Cas de lecture 1 · le déclencheur

L'incapacité est définie par un arrêt de travail « entraînant le versement » des IJSS

Lue à la lettre, la condition tombe avec la dernière IJSS. C'est la rédaction retenue au niveau minimal de la branche SYNTEC, présentée sur notre page consacrée à cette branche ; un contrat d'entreprise peut être plus favorable.

À demander : la garantie se poursuit-elle après la fin des IJSS, et sur quelle base ?

Cas de lecture 2 · le complément

La prestation est servie « en complément des IJSS » jusqu'à un pourcentage du salaire

La formule fixe une cible et complète la caisse. Sans IJSS, deux lectures restent possibles : la prestation porte seule la cible, ou elle disparaît avec ce qu'elle complétait.

À demander : sans IJSS, la prestation couvre-t-elle seule le pourcentage prévu ?

Cas de lecture 3 · la déduction

Le montant est diminué des prestations « de la Sécurité sociale »

Si la clause retranche les IJSS effectivement versées, la déduction tombe à zéro quand elles cessent, pourvu que la garantie reste ouverte. Si elle retranche un montant théorique, calculé comme si la caisse payait encore, la prestation baisse d'une somme que le salarié ne reçoit plus.

À demander : les IJSS retranchées sont-elles celles versées, ou un montant reconstitué ?

Cas de lecture 4 · le terme

La garantie court « tant que dure » l'indemnisation, ou jusqu'à un nombre de jours

Un terme en jours d'arrêt ne bouge pas avec le décret. Un terme calé sur le versement des IJSS passe de trois ans à un an pour une ALD non exonérante. Un terme calé sur la reconnaissance d'une invalidité laisse une question : qui verse quoi entre la dernière IJSS et le moment où la caisse statue ?

À demander : quel événement met fin à la garantie, et qu'est-ce qui est versé ensuite ?

Ne concluez sur aucune lecture seul : soumettez-la à l'organisme assureur, notice citée, et conservez sa réponse. Nous conduisons cette relecture clause par clause chez Accent Conseil, pendant que l'arrêt court encore. Un changement d'organisme en cours d'arrêt soulève d'autres questions, traitées dans notre réponse sur le changement d'assureur avec des salariés en arrêt.

Invalidité, garanties santé et salaire une fois la dernière IJSS versée

L'invalidité, appréciée par la caisse sous conditions

La caisse apprécie l'invalidité, notamment, à l'expiration de la période pendant laquelle l'assuré a perçu ses indemnités journalières (article L. 341-3 du code de la sécurité sociale). Ne la tenez pas pour acquise : le droit à pension suppose une capacité de travail ou de gain réduite d'au moins deux tiers, une durée minimale d'affiliation et un minimum de cotisations ou d'heures travaillées. Côté contrat, lisez la garantie invalidité avec la même méthode : si la rente attend une décision de la caisse, demandez ce qui est versé dans l'intervalle. Les suites côté entreprise sont détaillées dans la réponse sur les conséquences d'une invalidité pour l'employeur.

Santé, prévoyance : les garanties suivent ce qui est encore versé

Tant que le salarié reçoit un maintien de salaire ou des indemnités complémentaires cofinancées par l'employeur, versées directement ou par un tiers, maintenez toutes ses garanties, santé comprise. Le BOSS, doctrine publiée de l'administration sociale, en fait une condition du caractère collectif du régime, donc de son traitement social. Sans aucun versement, les conserver devient une option, et la garantie décès garde sa propre clause de maintien. Le détail figure dans la réponse sur les cotisations d'un salarié en arrêt long.

Maintien de salaire : le légal s'épuise tôt, le conventionnel se lit

Le maintien légal est dû sous conditions, dont une ancienneté d'un an et la prise en charge de l'arrêt par la sécurité sociale (article L. 1226-1 du code du travail). Il court après sept jours d'absence : 90 % du brut pendant trente jours, puis deux tiers pendant trente jours. Chaque durée gagne dix jours par tranche entière de cinq années d'ancienneté au-delà de la première, dans la limite de quatre-vingt-dix jours.

180 jours

Le maximum du maintien légal, à l'ancienneté la plus longue, sur douze mois glissants : il s'achève bien avant la fin d'une année d'IJSS.

Votre convention collective peut aller plus loin : relisez sa durée de maintien et son articulation avec le contrat de prévoyance. Côté paie, la subrogation est le mécanisme par lequel l'employeur qui maintient le salaire perçoit les IJSS à la place du salarié. Selon l'assurance maladie, la date de fin de subrogation à déclarer correspond au terme de la durée maximale de maintien prévue par la convention ou l'accord de branche, qui peut précéder la fin de l'arrêt. Notre article sur la subrogation et le maintien de salaire en détaille la mécanique ; le traitement déclaratif de la fin des IJSS se voit avec votre gestionnaire de paie et la caisse.

Le calendrier RH d'un arrêt long, du premier mois à la reprise

Un arrêt maladie suspend le contrat de travail, sans le rompre définitivement : votre rôle d'employeur continue même quand vous ne versez plus rien. Au-delà de trente jours d'arrêt, le salarié peut bénéficier d'une visite de préreprise ; le médecin du travail peut y recommander des aménagements, un reclassement ou des formations, et vous informe de ses recommandations sauf si le salarié s'y oppose. Après une absence d'au moins soixante jours pour maladie ou accident non professionnel, la visite de reprise est obligatoire. Saisissez le service de prévention et de santé au travail (SPST) dès que vous connaissez la date de fin d'arrêt : l'examen a lieu le jour de la reprise et au plus tard dans les huit jours.

Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026 (décret n° 2026-503), cette visite n'est pas requise si deux conditions sont réunies : une préreprise tenue dans les trente jours précédant la reprise, et sa conclusion qu'aucun aménagement n'est nécessaire. Le médecin du travail, l'employeur ou le salarié peuvent toutefois la demander.

Fauteuil de bureau inoccupé, le poste qui attend le retour du salarié après un arrêt long
Pour tout arrêt long en cours

Notez, sans diagnostic, sa date de prescription, la durée d'incapacité au 15 octobre et le terme du maintien conventionnel.

Au 31e jour d'arrêt

Rappelez au salarié qu'une visite de préreprise lui est ouverte.

Au terme du maintien conventionnel

Contrôlez la date de fin de subrogation déclarée et le relais éventuel de la garantie incapacité.

Au 6e mois d'arrêt au plus tard

Envoyez à l'organisme assureur vos questions écrites sur la garantie incapacité et la garantie invalidité.

Avant le 12e mois d'arrêt

Fixez avec la paie ce qui sera versé après la dernière IJSS et le sort des garanties.

Date de fin d'arrêt connue

Saisissez le SPST pour la visite de reprise, à tenir au plus tard dans les huit jours.

À la reprise

Notez la date : un an de reprise du travail ouvre un nouveau délai d'IJSS.

Relecture de contrat

Faites relire votre contrat de prévoyance avant le premier arrêt d'un an

Adressez à Accent Conseil la notice de votre contrat et la liste anonymisée de vos arrêts longs. Nous vous rendons, garantie par garantie, ce qui reste versé après la dernière IJSS et les questions à poser par écrit à votre organisme assureur.

Faire relire votre contrat

Questions fréquentes

ALD non exonérante et prévoyance : les questions des RH et de la paie

Qu'est-ce qui distingue une ALD exonérante d'une ALD non exonérante ?

La prise en charge des soins, et désormais la durée des IJSS. On parle d'ALD exonérante quand la participation de l'assuré à ses frais est limitée ou supprimée au titre du 3° ou du 4° de l'article L. 160-14 du code de la sécurité sociale : affection inscrite sur la liste fixée par décret, ou affection grave hors liste et polypathologie invalidante reconnues par le contrôle médical, avec un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse. Ne la réduisez donc pas à la seule liste. Les autres affections relevant de la procédure de l'article L. 324-1 sont dites non exonérantes. Le décret n° 2026-866 laisse trois ans d'IJSS au maximum à la première et en accorde un an à la seconde.

Comment savoir si un salarié en arrêt est concerné par la limite d'un an ?

Pas par le diagnostic : selon service-public, la catégorie de l'affection est connue du médecin traitant ou du service médical de la caisse. Votre travail consiste à repérer les arrêts longs, à noter leur date de début, la durée d'incapacité atteinte au 15 octobre et le terme de votre maintien conventionnel, et à préparer pour chacun l'hypothèse d'une fin des IJSS à un an. Préparer cette hypothèse pour un salarié qui n'est pas concerné ne coûte qu'une relecture de contrat.

Un salarié dont l'ALD non exonérante est reconnue au 15 octobre 2026 passe-t-il à un an ?

Non, selon la seconde phrase de l'article 3 du décret. L'ancienne rédaction, celle des trois ans, continue de s'appliquer jusqu'à son terme aux assurés qui, au 15 octobre 2026, se sont vu reconnaître le bénéfice de la procédure prévue à l'article L. 324-1 et dont la participation aux frais n'est ni limitée ni supprimée. C'est cette reconnaissance, acquise à la date du 15 octobre, qui compte, et non la durée de l'arrêt. Les autres arrêts en cours à cette date passent à un an pour une incapacité de travail atteignant six mois à compter du 15 octobre, selon la première phrase du même article.

Le contrat de prévoyance verse-t-il encore des indemnités quand les IJSS s'arrêtent ?

La réponse est dans la rédaction de votre garantie incapacité, pas dans le décret. Si la garantie est définie par un arrêt de travail entraînant le versement d'IJSS, la fin de celles-ci peut faire tomber sa condition. Si elle complète les IJSS ou les retranche de son calcul, vérifiez ce qu'elle devient quand la caisse cesse de payer, et si les IJSS retranchées sont celles réellement versées ou un montant théorique. Posez la question par écrit à l'organisme assureur avant que l'arrêt n'atteigne un an, en citant la clause.

La pension d'invalidité prend-elle le relais des IJSS ?

Elle le peut, sous conditions. La caisse apprécie l'invalidité notamment à l'expiration de la période d'indemnités journalières, au titre de l'article L. 341-3 du code de la sécurité sociale. Le droit à pension suppose une réduction d'au moins deux tiers de la capacité de travail ou de gain (article R. 341-2), une durée minimale d'affiliation et un minimum de cotisations ou d'heures travaillées. Côté contrat de prévoyance, lisez la rente d'invalidité comme la garantie incapacité : repérez si elle attend une décision de la caisse et ce qui est versé dans l'intervalle.

Que vérifier en paie à la fin des IJSS d'une ALD non exonérante ?

Repartez de la subrogation, qui permet à l'employeur maintenant le salaire de percevoir les IJSS à la place du salarié. Elle est de plein droit quand le salaire est maintenu en totalité, et, selon ameli, sa date de fin déclarée correspond au terme de la durée maximale de maintien prévue par la convention collective ou l'accord de branche, qui peut précéder la fin de l'arrêt. Le maintien légal, lui, est épuisé bien avant le douzième mois. Pour le traitement déclaratif de la fin des IJSS, voyez avec votre gestionnaire de paie et la caisse plutôt que d'appliquer une procédure supposée.

Que faire avant qu'un arrêt de longue durée atteigne un an ?

Trois vérifications, dans cet ordre. Relisez la garantie incapacité et la garantie invalidité de votre régime de prévoyance, et obtenez par écrit la lecture de l'organisme assureur. Contrôlez la durée du maintien conventionnel, la date de fin de subrogation et le sort des garanties collectives une fois les versements arrêtés. Préparez la reprise avec le service de prévention et de santé au travail dès que la date de fin d'arrêt est connue. Cette relecture, nous la menons chez Accent Conseil pour les directions des ressources humaines.

Sources

Texte : décret n° 2026-866 du 16 septembre 2026 (NOR SFHS2617976D), Journal officiel n° 0218 du 18 septembre 2026, texte n° 24, articles 1er et 3 ; article R. 323-1 du code de la sécurité sociale, modifié par ce décret.

Le cadre : code de la sécurité sociale, articles L. 324-1, L. 160-14 (3° et 4°), L. 341-1 à L. 341-4 et R. 341-2 ; code du travail, articles L. 1226-1, D. 1226-1 à D. 1226-4 et R. 4624-29, ainsi que R. 4624-30 et R. 4624-31 dans leur rédaction issue du décret n° 2026-503 du 12 juin 2026 ; BOSS, protection sociale complémentaire ; accord de prévoyance SYNTEC du 27 mars 1997 ; service-public, actualité A19066 et fiche F21050 ; ameli Entreprise, fiche sur la subrogation de salaire.

À lire ensuite : le volet remboursement des ALD au 1er octobre 2026, les évolutions de la prévoyance collective en 2026 et 2027 et notre accompagnement en prévoyance collective.

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