Plafond des indemnités journalières d’accident du travail abaissé au 1er novembre 2026 : ce que l’employeur paiera en plus
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Accidents du travail · Décret du 30 septembre 2026

Plafond des indemnités journalières d'accident du travail abaissé au 1er novembre 2026 : ce que l'employeur paiera en plus

Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle (AT/MP) survenu à compter du 1er novembre 2026, prévoyez des indemnités journalières (IJ, le revenu de remplacement versé par la caisse) plus basses dès que le salaire dépasse environ 3 300 € brut par mois. Le décret n° 2026-909 limite le salaire journalier qui sert à les calculer à 0,226 % du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS, la référence annuelle des cotisations sociales), contre 0,834 % jusque-là, soit environ 1,8 SMIC selon la notice, le résumé officiel du décret. Vous comblerez une partie de l'écart au titre du maintien de salaire légal, le complément que le code du travail met à votre charge. D'ici le 1er novembre, relisez votre garantie incapacité de prévoyance et faites adapter le paramétrage de votre paie.

8 min de lecture Mis à jour : octobre 2026 Par Accent Conseil

Ce que change le décret 2026-909, et pour quels accidents

Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026, publié au Journal officiel du 1er octobre, modifie un seul taux de l'article R. 433-2 du code de la sécurité sociale : 0,834 % devient 0,226 %. Lisez ce taux pour ce qu'il est : une limite appliquée au salaire journalier de base, c'est-à-dire au salaire du mois précédant l'arrêt divisé par 30,42, et non à l'indemnité elle-même. La caisse verse ensuite 60 % de ce salaire journalier plafonné jusqu'au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e, des taux que le décret laisse inchangés.

Vous trouverez la référence au SMIC dans la seule notice du décret, qui présente le nouveau taux comme « l'équivalent de 1,8 salaire minimum interprofessionnel de croissance ». Pour vos prévisions, rattachez ce plafond au PASS (48 060 € en 2026), revalorisé chaque 1er janvier : l'équivalence de la notice est approchée et ne suit pas le SMIC.

Pour classer chaque dossier, regardez la date du sinistre : le décret vise les arrêts résultant d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle « survenu à compter du 1er novembre 2026 ». Un salarié blessé le 20 octobre 2026, dont l'arrêt commence ou se prolonge en décembre, reste indemnisé sur l'ancien taux de 0,834 %. Pour une maladie professionnelle, faites confirmer par la caisse la date de survenance qu'elle retient avant de rattacher le dossier à l'un ou l'autre régime. La notice justifie la mesure par la dégradation de la branche AT/MP et par la volonté de « responsabiliser davantage les employeurs ».

Les repères du décret

0,226 % du PASS : limite du salaire journalier retenu, contre 0,834 %
1er nov. 2026 : sinistres survenus à compter de cette date
108,62 € de salaire journalier plafonné, à titre indicatif sur le PASS 2026, contre 400,82 €

Sources : décret n° 2026-909, articles 1er et 3, et notice ; article R. 433-2 du code de la sécurité sociale ; calcul indicatif sur le PASS 2026.

Avant et après le 1er novembre 2026 : les IJ et votre complément en chiffres

Pour un sinistre antérieur au 1er novembre 2026, vous raisonnez sur les montants publiés par l'Assurance maladie pour 2026 : un salaire journalier plafonné à 400,82 €, soit une IJ d'au plus 240,49 € par jour jusqu'au 28e jour et 320,66 € ensuite. Pour un sinistre postérieur, retenez à titre indicatif, sur le PASS 2026 et faute de montant officiel publié avec le décret, 108,62 € de salaire journalier plafonné, une IJ maximale de 65,17 € jusqu'au 28e jour et d'environ 87 € à partir du 29e. Le plafond joue dès que la paie dépasse environ 3 300 € brut mensuels : au-delà, chaque euro de salaire supplémentaire n'augmente plus l'IJ.

Salarié en bleu de travail tenant son casque de protection, poste exposé aux accidents du travail
Salaire brut mensuelIJ par jour, avantIJ par jour, aprèsIJ sur 28 jours, avantIJ sur 28 jours, aprèsComplément légal, avantComplément légal, aprèsSurcoût employeur
3 300 €65 €65 €1 822 €1 822 €911 €911 €0 €
4 500 €89 €65 €2 485 €1 825 €1 243 €1 903 €+ 660 €
6 000 €118 €65 €3 314 €1 825 €1 657 €3 146 €+ 1 489 €
9 000 €178 €65 €4 970 €1 825 €2 485 €5 631 €+ 3 146 €

À titre indicatif. Hypothèses : arrêt de 28 jours consécutif à un accident du travail ; « avant » pour un accident survenu avant le 1er novembre 2026, « après » pour un accident survenu à compter de cette date ; salarié ayant un an d'ancienneté (maintien légal à 90 %) ; montants bruts avant contributions sociales (CSG et CRDS) ; PASS 2026 ; ordres de grandeur arrondis, hors accord de branche et contrat de prévoyance.

Prenez la dernière colonne comme ce que vous versez en plus pour un seul arrêt de quatre semaines, avant toute garantie conventionnelle. L'écart continue après le premier mois : quand le maintien légal passe aux deux tiers du salaire, vous versez un complément là où vous ne versiez rien jusqu'ici.

≈ 45 € par jour

Le complément légal que vous verseriez du 31e au 60e jour pour un salarié à 6 000 € brut. Pour un accident antérieur au 1er novembre 2026, l'IJ à 80 % dépassait les deux tiers du salaire et l'employeur ne versait rien : un complément qui n'existait pas. (Ordre de grandeur, à titre indicatif.)

Qui paie la différence : le maintien légal d'abord, la prévoyance selon sa rédaction

La notice du décret le prévoit expressément : il « aura pour conséquence une mobilisation accrue du complément versé par l'employeur à la victime, en application de l'article L. 1226-1 du code du travail ». Ce maintien légal, dû au salarié qui a un an d'ancienneté, court en AT/MP dès le premier jour d'arrêt, sauf accident de trajet, qui garde un délai de sept jours. Le code du travail en exclut les salariés travaillant à domicile, saisonniers, intermittents et temporaires, ainsi que la fraude avérée portée à la connaissance de l'employeur.

Surtout, le complément s'entend déduction faite des indemnités de la Sécurité sociale : chaque euro d'IJ en moins devient un euro de complément en plus, jusqu'à 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis aux deux tiers. Conditions, durées selon l'ancienneté et subrogation : notre guide du maintien de salaire et des IJSS.

Surcoût du maintien légal pour un arrêt AT de 28 jours

Surcoût employeur du maintien légal selon le salaire, arrêt de 28 jours 3 300 € brut 0 € 4 500 € brut + 660 € 6 000 € brut + 1 489 € 9 000 € brut + 3 146 €

Calcul indicatif, mêmes hypothèses que le tableau : maintien légal à 90 %, un an d'ancienneté, PASS 2026, montants bruts arrondis.

Accord de branche et contrat de prévoyance : la rédaction décide

Au-delà du minimum légal, votre convention collective ou votre contrat de prévoyance peut garantir un pourcentage du salaire « sous déduction des IJSS ». Si la garantie est rédigée ainsi, c'est-à-dire en niveau de salaire total à atteindre, IJ comprises, la baisse des IJ augmenterait mécaniquement la part versée par l'employeur ou par l'organisme assureur. Aucun texte ne règle ce point pour les accords et les contrats : le résultat dépend de chaque clause.

Quatre éléments font la différence. La référence aux IJSS d'abord : les indemnités effectivement payées par la caisse, ou un montant théorique calculé selon une règle propre au contrat. La franchise ensuite, période en début d'arrêt pendant laquelle la garantie ne verse rien, qui détermine à partir de quand elle intervient (détail dans notre réponse sur la franchise du contrat de prévoyance). La base de salaire garantie, souvent découpée en tranche A (le salaire jusqu'au PASS, soit 4 005 € par mois en 2026) et tranche B (au-delà) : le nouveau plafond joue dès 3 300 € environ, donc dès la tranche A. Les garanties forfaitaires enfin, exprimées en montant fixe, qui ne devraient pas bouger si ce montant ne dépend pas des IJ. Si la charge de l'assureur augmente, une demande de révision tarifaire pourrait suivre à l'échéance : mieux vaut l'anticiper dans votre budget.

Quatre points à auditer avant le 1er novembre 2026

Le nouveau plafond ne concerne que les salariés dont la paie dépasse environ 3 300 € brut par mois, mais il les concerne dès leur premier sinistre. Préparez votre dossier sur quatre points, dans cet ordre.

1

La rédaction de la garantie incapacité

Contrat et convention collective en main, repérez si la prestation complète les IJ payées par la caisse ou un montant recalculé, la durée de la franchise et la base de salaire garantie. Demandez à l'organisme assureur de valider cette lecture par écrit.

2

Les catégories de personnel

Listez, catégorie par catégorie (cadres, non-cadres), les salariés au-dessus du seuil et la garantie qui s'applique à chacun. Pour une catégorie couverte au seul maintien légal, l'employeur porte l'écart dans les limites de ce maintien.

3

La paie et la subrogation

Avec la subrogation, l'employeur qui garde le salarié payé encaisse lui-même les IJ de la caisse. Paramétrez deux calculs selon la date du sinistre, avant ou après le 1er novembre 2026, et contrôlez que le complément se calcule sur l'IJ réellement versée. Repères : qui paie quoi pendant l'arrêt, subrogation comprise.

4

Le budget social

Chiffrez le surcoût sur votre sinistralité AT/MP, c'est-à-dire le nombre, la durée et les salaires de vos arrêts des derniers exercices, et inscrivez-le au budget. Le tableau ci-dessus donne l'ordre de grandeur par arrêt.

Responsable paie devant son ordinateur portable, vérification du calcul des indemnités journalières et du maintien de salaire

Chez Accent Conseil, nous relisons ces clauses avec l'organisme assureur avant l'échéance. Si une révision tarifaire vous est proposée, rapprochez-la des repères sur le coût d'une prévoyance collective et, le cas échéant, de la conduite d'un appel d'offres en assurance collective.

AT/MP et maladie : deux plafonds, deux indices, deux dates

RepèreArrêt maladieArrêt AT/MP
TexteDécret n° 2025-160, article R. 323-4Décret n° 2026-909, article R. 433-2
Plafond du salaire de calcul1,4 SMICEt IJ elle-même limitée à 42,97 € par jour depuis le 1er juillet 20260,226 % du PASSEnviron 1,8 SMIC selon la notice du décret
Indice de référenceSMICPASS, revalorisé chaque 1er janvier
Critère de dateArrêts débutant à compter du 1er avril 2025Sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026

Distinguez aussi ce décret de celui qui limite la durée des IJ AT/MP : le décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 la fixe à quatre ans pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027, ce que détaille notre dossier sur les trois réformes de prévoyance à anticiper. Côté maladie, les règles d'arrêt de travail en vigueur au 1er septembre 2026 complètent ce tableau.

Questions fréquentes

Plafond des IJ AT/MP : les questions des DRH et de la paie

Quel est le plafond des indemnités journalières en cas d'accident du travail en 2026 ?

Tout dépend de la date de l'accident. Pour un accident du travail ou une maladie professionnelle survenu avant le 1er novembre 2026, le salaire journalier retenu ne peut pas dépasser 400,82 €, et l'indemnité journalière atteint au plus 240,49 € par jour jusqu'au 28e jour, puis 320,66 € à partir du 29e, selon les montants 2026 de l'Assurance maladie. Pour un sinistre survenu à compter du 1er novembre 2026, le décret n° 2026-909 limite ce salaire journalier à 0,226 % du PASS : à titre indicatif sur le PASS 2026, 108,62 €, soit une indemnité maximale de 65,17 € par jour jusqu'au 28e jour et d'environ 87 € ensuite.

Les IJ AT/MP sont-elles plafonnées à 1,8 SMIC ?

Pas à la lettre. Le décret fixe la limite du salaire journalier servant au calcul à 0,226 % du plafond annuel de la sécurité sociale, à l'article R. 433-2 du code de la sécurité sociale. L'équivalence avec 1,8 SMIC figure dans la notice du décret, pas dans l'article lui-même, et elle reste approchée. Le plafond suit donc le PASS, revalorisé chaque 1er janvier, et non le SMIC. C'est en outre le salaire de référence qui est plafonné : l'indemnité maximale vaut 60 % de ce plafond, puis 80 % à partir du 29e jour.

Un accident survenu en octobre 2026 avec un arrêt en novembre est-il concerné ?

Non. Le décret vise les indemnités versées au titre d'arrêts résultant d'un accident du travail ou d'une maladie professionnelle « survenu à compter du 1er novembre 2026 ». La date qui compte est celle du sinistre, pas celle de l'arrêt : un accident du 20 octobre 2026 reste indemnisé sur l'ancien taux de 0,834 % du PASS, même si l'arrêt commence ou se prolonge après le 1er novembre. En paie, vous gérez donc deux calculs en parallèle tant que des arrêts liés à des sinistres antérieurs sont en cours.

Quel est le plafond des IJSS maladie par rapport au SMIC ?

Pour un arrêt maladie débutant à compter du 1er avril 2025, le salaire servant de base au calcul est plafonné à 1,4 SMIC (décret n° 2025-160, article R. 323-4 du code de la sécurité sociale), et l'indemnité journalière maladie elle-même ne peut pas dépasser 42,97 € par jour depuis le 1er juillet 2026. Ce plafond suit le SMIC, alors que le plafond AT/MP suit le PASS. Le critère de date diffère aussi : le début de l'arrêt pour la maladie, la survenance du sinistre pour l'AT/MP.

L'employeur doit-il compenser la baisse des IJ AT/MP ?

Au titre du maintien de salaire légal, oui, dans ses limites. Pour un salarié qui a un an d'ancienneté, ce complément porte la rémunération à 90 % du brut pendant 30 jours puis aux deux tiers pendant 30 jours, chaque durée gagnant 10 jours par période complète de cinq ans d'ancienneté qui s'ajoute à la première année, dans la limite de 90 jours ; en AT/MP, il s'applique sans délai de carence, sauf accident de trajet. Comme il comble l'écart avec les indemnités de la Sécurité sociale, il augmente quand elles baissent, ce que la notice du décret annonce. Pour le maintien conventionnel et la prévoyance, la réponse dépend de la rédaction de chaque garantie.

Que faire avant le 1er novembre 2026 ?

Trois gestes. Relisez votre garantie incapacité et la clause de maintien de votre convention collective : indemnités déduites, payées ou recalculées, franchise, base de salaire garantie, prestations forfaitaires. Faites paramétrer la paie pour traiter à part les accidents et maladies antérieurs au 1er novembre. Évaluez le surcoût à partir de vos arrêts AT/MP récents, puis inscrivez-le au budget. La démarche d'audit que mène Accent Conseil part de ces trois gestes.

Audit des garanties incapacité

Faites chiffrer votre surcoût AT/MP

Envoyez à Accent Conseil le tableau de vos garanties incapacité et l'historique anonymisé de vos arrêts AT/MP : nous chiffrons, catégorie par catégorie, le complément que le nouveau plafond ferait peser sur l'employeur et les clauses à faire confirmer par l'organisme assureur.

Faire auditer vos garanties

Sources

Texte : décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 (NOR SFHS2621736D), Journal officiel n° 0229 du 1er octobre 2026, texte n° 22, articles 1er et 3 et notice ; article R. 433-2 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue de ce décret.

Cadre juridique : code de la sécurité sociale, articles L. 433-2, R. 433-1, R. 433-3, R. 433-4 et R. 323-4 ; code du travail, articles L. 1226-1, D. 1226-1, D. 1226-3 et D. 1226-5 ; décret n° 2025-160 du 20 février 2025 ; décret n° 2026-501 du 12 juin 2026 ; arrêté du 22 décembre 2025 fixant le PASS 2026. Montants 2026 : ameli Entreprise, montants maximum des indemnités journalières et service-public, fiche F175.

À lire ensuite : notre page sur la prévoyance des collaborateurs et ce que deviennent les salariés en arrêt quand l'assureur change.

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